Montmorillon et son Patrimoine...

Un peu d'Histoire...

 

S’il est établi que des hommes ont vécu à Montmorillon il y a environ 100 000 ans sous les rochers que l’on voit près de la piscine, c’est au XI° siècle que naquit vraiment la ville. Il y eut pourtant quelques activités au cours des siècles précédents. C’est ainsi qu’au III° siècle, saint Martin et saint Martial arrivèrent du Limousin pour évangéliser le Poitou. Cent cinquante ans plus tard, Clodomir, en remerciement de la victoire de son père, Clovis, sur les Wisigoths en 507 dans les plaines de Vouillé et Lussac, fit construire un sanctuaire sur le coteau de Montmorillon, là où s’élève aujourd’hui l’église Notre-Dame.
Mais en 732, les Arabes envahissaient la région avant d’être arrêtés à Vouillé par Charles Martel. Vaincus, ils se replièrent mais une troupe resta sur Montmorillon où elle s’établit. Leur chef, un petit seigneur Maure, fit construire un « château » en bois sur la motte castrale, face à l’église qu’il s’était empressé de faire raser mais de vieux documents établissent formellement l’existence de ce premier sanctuaire. Le nom de la ville viendrait de cet épisode : Mons(Mont)Maurillio(petit chef Maure).
En 1050, arriva Ranulfe qui devint le premier seigneur de Montmorillon et fit construire la nouvelle église Notre-Dame dont il ne reste que l’abside et le transept, le reste datant du siècle suivant.
C’est autour de ces lieux que Montmorillon se forma, dans la rue qui grimpe depuis la rivière jusqu’à l’église Notre-Dame et dans les rues avoisinantes. Là où aujourd’hui la Cité de l’Ecrit regroupe ses activités. Et c’est également au XII° siècle que furent construits la Maison Dieu, l’Octogone, la chapelle Saint-Laurent ainsi qu’une première église Saint-Martial dont il ne reste qu’une tour, base de l’ancien clocher.
François Ier fit construire des murailles autour de la ville et Montmorillon devint sénéchaussée royale avant d’être remise en apanage au seigneur de Vignoles, dit La Hire, fidèle écuyer de Jeanne d’Arc, qui se fit enterrer dans la chapelle Saint-Laurent où une stèle perpétue sa mémoire.


Et ... beaucoup de patrimoine...

 

Classée Capitale du Pays d’Art et d’Histoire, Montmorillon abrite un très beau patrimoine, bien fait pour attirer tous ceux qui s’intéressent aux richesses architecturales du passé.

 

 

 

L’Église Notre-Dame Ouvert la journée

Plantée sur les rochers qui dominent la Gartempe, l’église Notre-Dame a été construite en plusieurs étapes. Le chœur en hémicycle et la crypte datent de la fin du XIème s. Le transept, la nef à quatre travées et les peintures de la crypte ont suivi au XIIème s. La façade est venue au XIVème s. et le clocher actuel au XVIIème s. Le décentrement de la nef par rapport au chœur est sans doute dû à la nature du sol.
Dans l’abside nord, une « Déploration » du XIIème siècle est posée sur un autel. Cette terre cuite polychromée était à l’origine dans l’Octogone. La présence de Marie-Madeleine la différencie d’une « Pieta ».
Dans une chapelle latérale du XIXème s., une statue de la Vierge considérée comme miraculeuse depuis que, sortie en procession pendant l’hiver 1788-1789, elle permit la fonte d’énormes morceaux de glace qui menaçaient le Vieux Pont et les maisons. Brûlée pendant la Révolution, seule la tête fut sauvée par un habitant du quartier. Le vitrail (1872) de cette chapelle illustre la procession miraculeuse.

La Crypte sainte-Catherine Ouvert occasionnellement, nous contacter.

La crypte de l’église Notre-Dame est dédiée à Sainte Catherine d’Alexandrie. Le chœur de la crypte est orné de fresques du XIIème siècle évoquant le martyre de la sainte, des fresques qui sont copiées au Palais de Chaillot de Paris, tout comme celles de l’abbaye de Saint-Savin qu’elles égalent en qualité. L’église, les fresques et la « Déploration » sont classées Monuments Historiques.

Le Vieux Pont

Lors de la création de la ville, un pont fut construit au bas de l’église Notre-Dame. Détruit au fil des siècles, il fut reconstruit au XVème siècle. Il supportait alors deux portes liées aux fortifications, dont l’une, côté rive gauche, était surmontée de la prison, tandis qu’à l’autre extrémité du pont s’élevait une chapelle. De l’ouvrage médiéval il ne reste que l’arche centrale et les avant-becs, le reste datant du XIXème siècle.

Le Vieux Palais Ouvert occasionnellement, nous contacter.Ce bâtiment à deux étages avec sa tourelle d’angle date du XVème siècle. C’est là que se tenaient à cette époque les audiences judiciaires. En effet, grâce à François Ier, Montmorillon était devenue sénéchaussée royale, le sénéchal exerçant la justice du roi sur un vaste territoire couvrant le sud de la Vienne, une partie du Berry et du Limousin.

L’Église Saint Martial Ouvert la journée.

Ce bâtiment à deux étages avec sa tourelle Si l’église actuelle a été construite à partir de 1861, elle a remplacé une église romane du XIIème siècle jugée trop petite et en mauvais état. De l’église primitive, il subsiste une tour carrée, sans doute base de l’ancien clocher. Dans cette église, il faut admirer les vitraux et l’orgue de 1881, qui comporte 1800 tuyaux et 27 jeux. L’ensemble de l’église est classé Monument Historique.

La Maison-Dieu Propriété privée.

Ce monastère-hôpital, fondé au XIème siècle par Robert du Puy, seigneur de Montmorillon, à son retour de Terre Sainte, comprend l'Octogone, la Chapelle Saint Laurent, le Donjon, le Chauffoir, la Grange des Dîmes et les bâtiments monastiques. Tout cet ensemble est classé Monument Historique.

L'Octogone

Ouvert occasionnellement, nous contacter.

Ancienne chapelle funéraire du XIIème s. construite sur le modèle du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Elle est unique en Europe sous cette forme. Au sous-sol se trouvait un ossuaire. La porte est surmontée de quatre groupes de statues représentant entre autres, Marie et Elisabeth (la Visitation), l’archange Gabriel, les quatre évangélistes et deux femmes nues illustrant la luxure.

La Tour de la Maison-Dieu

La Maison-Dieu était à l’extérieur des fortifications de la ville et se trouvait donc à la merci des bandes de pillards et de mercenaires qui ravageaient les campagnes au XIVème siècle. Pour éviter les pillages, le monastère-hôpital fit ériger des fortifications autour de l’ensemble des bâtiments. Le vestige en est la tour de défense située près de la chapelle Saint Laurent. La tour circulaire contient un escalier à vis et a été accolée à une tour rectangulaire dotée de bretèches sur mâchicoulis qui protégeaient la porte d’entrée.


La Grange des Dîmes

Ce bâtiment tout proche de l’Octogone fut construit au XVIIème s. C’était le lieu où les paysans venaient apporter leur contribution en nature pour assurer la vie de l’hôpital-hospice. Remarquable charpente d’origine.


La Chapelle saint Laurent

Ouvert occasionnellement, nous contacter.

De l’église du monastère originel, il reste le clocher, la façade avec sa frise sculptée (tous du XIIème s.). A l’intérieur, très belles peintures murales du XIXème s. A remarquer : le parvis de la chapelle pavé de galets de couleurs, évoquant le martyre de Saint Laurent, mort sur un gril. A l’intérieur, une dalle rappelle que fut enterré dans cette chapelle, Etienne de Vignolles, dit « La Hire », fidèle écuyer de Jeanne d’Arc, nommé seigneur de Montmorillon par Charles VII.

Le Chauffoir

Construit en 1639, il était destiné à accueillir 60 pauvres, pèlerins ou « étrangers » de passage qui souhaitaient passer un moment près du feu. C’était le seul endroit chauffé de la Maison-Dieu.

Les Bâtiments monastiques
Construits au XVIIème s. pour loger les moines, le chapitre la chapelle des malades, les pièces communes, le réfectoire, le cellier et les caves. Leur imposante façade (plus de 100 m.) domine une large terrasse, deux pigeonniers du XVIIème s. une grande prairie aménagée en espace public et un théâtre de verdure.


La Motte féodale

Face à l’église Notre-Dame, la motte féodale ou motte castrale sert aujourd’hui de support à une tour-chapelle surmontée d’une statue de la Vierge, élevée en 1888. C’est à cet emplacement, le plus défensif de la ville, que fut construit le château à l’origine de la naissance de la ville. La motte castrale recevait le donjon tandis que le reste du château s’étendait à l’emplacement de l’actuelle Place du Vieux Marché.

Les hôtels particuliers Propriétés privées

Plusieurs hôtels particuliers témoignent de la richesse de la ville au XVIIème et XVIIIème siècles. L’un d’eux, l’hôtel de Moussac est classé Monument Historique. Il appartint à la famille de Moussac, vieille famille de robe établie à Montmorillon depuis le XVIème s. et accueillit, durant quelques jours en 1873, la comtesse de Ségur venue voir sa petite-fille, épouse du marquis de Moussac, qui venait de perdre son fils nouveau-né. Un autre hôtel particulier se remarque un peu plus bas dans la même rue et un troisième, transformé en presbytère, sur la place de la Victoire.

La Chapelle Saint Nicolas

A l’ écart de la ville, dans le quartier qui porte son nom, la chapelle Saint-Nicolas est en fait le chevet d’un prieuré du XIème siècle dont la nef a disparu. Une procession-pèlerinage y eut lieu jusqu’au milieu du XXème siècle.


Le Logis de Moussac et la Chapelle Saint Martin

A quelques kilomètres de la ville, sur la route de Bourg-Archambault, se trouve le Logis de Moussac. A l’origine, Moussac fut une paroisse avec mairie et église, dont Montmorillon dépendit à sa création avant d’absorber le village. Le Logis fut construit en 1777 par le même marquis de Moussac commanditaire de l’hôtel particulier de Montmorillon. Quant à la chapelle Saint-Martin, si l’ensemble date du XIème siècle, il subsiste des matériaux de construction datant de l’époque carolingienne, notamment dans les murs de la nef. Elle était l’église du village disparu. Près de la chapelle, une croix hosannière, présente depuis le moyen-âge.

Le Château de Lalande
Depuis 1550, le château de Lalande (à 5 km de Montmorillon sur la route de Lathus) appartient à la famille Goudon de Lalande de l’Héraudière. Ancienne maison forte puis rendez-vous de chasse et maison d’été de la famille, le château a été remanié au fil des siècles pour devenir l’élégant ensemble que l’on peut admirer aujourd’hui au milieu d’un parc de trente hectares avec quelques chênes et châtaigniers vieux d’au moins six cents ans. Les bâtiments du domaine comportent une maison du XVIème s., des bergeries des XVIème et XVIIème s.